Une révolution paisible

Édito du mercredi 01 août 2012

Chantier technologique sans équivalent et formidable aventure humaine, le passage au tout numérique, processus maîtrisé, a été, de l’avis de tous, couronné de succès.
La réussite de cette révolution paisible repose sur un faisceau de facteurs : l’édiction par le législateur d’une feuille de route pertinente, l’instauration d’un binôme, complémentaire et solidaire, constitué du CSA et du GIP France Télé numérique, la mobilisation des chaînes, des antennistes, des bailleurs sociaux, des syndics de copropriété, et l’implication des élus locaux, tout à la fois passeurs, facilitateurs et acteurs.
Au-delà du travail exemplaire de planification des fréquences réalisé par ses services techniques, le CSA, sous mon impulsion, a été animé par la volonté de promouvoir une double équité.
Equité entre les territoires avec la consécration, dès l’été 2007, d’une couverture minimale garantie par département et l’avènement, en novembre 2010, de la TNT dans les collectivités ultramarines de la République. Equité entre les téléspectateurs avec un déploiement de la couverture TNT au-delà de l’objectif national et la promotion d’une couverture homogène de tous les multiplex, véritable rupture par rapport à l’analogique.
Ce bilan, globalement très positif, aurait pu être terni par la persistance de dysfonctionnements, certes peu nombreux, mais sources d’un légitime mécontentement chez les téléspectateurs et les élus. Ces scories, apparues dans certaines zones à l’occasion du passage au tout numérique, avaient pour cause principale l’utilisation du SFN : un choix dicté par la nécessité d’économiser la ressource afin de dégager un « dividende numérique » destiné au déploiement de l’internet mobile à haut débit.
Or cette technique, fondée sur l’attribution à un multiplex d’une fréquence unique pour l’ensemble d’une région, exigeait des différents diffuseurs retenus, selon les zones, une discipline rigoureuse pour assurer, entre eux, une synchronisation efficiente.
Partageant avec l’Agence nationale des fréquences la responsabilité de la « bonne réception des signaux » par les téléspectateurs, exigence renforcée par le « tout ou rien » de la réception numérique, le CSA a bien voulu retenir ma suggestion de mettre en œuvre une politique volontariste de traitement réactif des scories.
Cette détermination s’est concrétisée par la création du groupe de travail « Zones sensibles » constitué de représentants du Conseil, de l’ANFr, du GIP et des multiplex.
Véritable carrefour d’une information partagée, le groupe s’appuie notamment sur le travail efficace des attachés territoriaux du Conseil pour identifier, caractériser et hiérarchiser les dysfonctionnements. Il s’est doté, grâce à l’implication dynamique et efficace du département « réception » du CSA, d’une application en ligne baptisée Lynx. Cet outil permet de recueillir les données et de partager les informations en temps réel, entre tous les intervenants. Enfin, le collège du CSA a pu prendre des mesures incitatives (mises en garde, mises en demeure) à l’intention des multiplex, afin de les encourager à se faire entendre par leurs diffuseurs. Les chaînes ont été présentes au rendez-vous. Ce dispositif volontariste, cohérent et réactif s’est avéré performant. Il a, en effet, permis de faire disparaître la quasi-totalité des dysfonctionnements liés au passage au tout numérique.
Aujourd’hui, l’objectif du CSA est d’étendre ce dispositif au traitement des défauts inhérents à la vie du réseau. L’enjeu est d’offrir à chaque téléspectateur, dans chaque partie de notre territoire et en toutes circonstances, un service de qualité, synonyme de TNT, c’est-à-dire de télévision numérique pour tous.

Alain Méar

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