La charte alimentaire : un modèle de corégulation

Édito du jeudi 04 octobre 2012

Le Conseil a remis au Gouvernement son troisième rapport annuel d’évaluation de la Charte destinée à promouvoir une alimentation et une activité physique favorables à la santé. L’obésité représente une véritable « bombe à retardement sanitaire ». D’après les statistiques du ministère de la santé, la proportion de personnes en surpoids, en France, a augmenté de 13 % entre 1997 et 2003. Durant la même période, les Français ont grossi, en moyenne, de 1,7 kg. La situation est très préoccupante dans les collectivités d’outre-mer.

Comme lors des années précédentes, la charte a démontré son efficacité. Le volume total d’émissions relatives à une bonne hygiène de vie et faisant référence au site www.mangerbouger.fr n’a cessé d’augmenter : 443 heures en 2009, 789 heures en 2010, 1 036 heures en 2011, soit une hausse de 78 % entre 2009 et 2010 et de 31 % entre 2010 et 2011. À ma demande et pour la première fois, des émissions incitant à adopter une bonne hygiène alimentaire ont été diffusées sur les chaînes d’outre-mer. L’INPES a diffusé une campagne de promotion de l’activité physique intitulée « Bouger 30 minutes par jour, c’est facile ». Comme elles s’y sont engagées, les chaînes ont accordé un abattement de 60 % sur leurs tarifs publicitaires. Grâce à l’implication des producteurs du Syndicat des producteurs de films d’animation, les héros de fiction préférés des enfants continuent de militer en faveur d’une alimentation saine et d’une pratique régulière d’une activité physique. L’Association nationale des industries alimentaires a financé la mise à jour de ses 15 programmes courts, intitulés Trop la pêche, qui ont été diffusés durant les vacances scolaires. En 2011, sur 10 393 conseils préalables adressés à l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité, 2 213 projets ont concerné des publicités alimentaires et 226 ont été modifiés.

À la demande du Conseil, une enquête a été menée auprès du public par l’institut TNS-Sofres. Il apparaît que 95 % des Français estiment être bien informés des bonnes pratiques à mettre en œuvre. Pour 7 personnes sur 10, ce type de programmes les incite à modifier leur comportement. Les messages semblent bien connus, en particulier des enfants. L’enquête a également permis d’identifier les leviers les plus efficaces : l’humour, l’engagement de personnalités médiatiques, la représentation de scènes réalistes, ancrées dans la vie quotidienne. En 2011, le Conseil s’est doté d’un comité d’experts comprenant un professeur pédiatre nutritionniste, un pédopsychiatre, un nutritionniste et une représentante de l’INPES. Son but est d’analyser le contenu des émissions, de conseiller les chaînes et les producteurs, mais aussi de répondre aux questions, voire aux critiques, formulées par les associations. Grâce à la charte, la France dispose d’un modèle original de corégulation qui commence à porter ses fruits.

Christine Kelly

Consultez le rapport d'application de la charte alimentaire à la télévision - Exercice 2011.

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